Mouvement
Républicain et Citoyen
du Maine-et-Loire
Président du MRC : Jean-Pierre Chevènement
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Julien Ricaud est militant du MRC 49
Appel à un grand parti de toute la Gauche
Alors que l’accord de partage du pouvoir entre le président Mugabe et l’opposition reste dans une impasse, les Zimbabwéens luttent pour survivre dans
une économie en déroute.
Les Zimbabwéens se consacrent plutôt à leur survie, à l’image de Judith, qui vit dans un ancien
ghetto noir, à 30 kilomètres de Harare. Elle faisait partie de cette classe moyenne noire, plus importante dans les années 1990 au Zimbabwe que dans tous les pays de la région.
La petite entreprise de plomberie de son mari n’a pas survécu à la crise, et les placards de sa cuisine sont vides. « Maintenant ils veulent qu’on paye avec des devises étrangères ! Mais où
voulez-vous qu’on les trouve ? soupire-t-elle. On souffre en silence. On s’éteint chaque jour que Dieu fait, à petit feu. »
Selon les chiffres officiels, l’inflation aurait dépassé les 230 millions pour cent. Et tout ce que le gouvernement de Robert Mugabe met en place, théoriquement pour stopper cette course
vertigineuse, ne fait que l’alimenter. Il y a deux semaines, la Commission nationale des prix et des revenus (NIPC) a décidé de diviser par deux les prix des denrées alimentaires de base.
Le directeur de la NIPC, Esau Ndlovu, est membre du parti présidentiel, l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF). Selon lui, l’inflation est la faute des industriels
qui augmentent les prix pour faire plus de profits. Mais s’ils pratiquent des prix plus bas dans les magasins, les commerçants et les industriels ne gagnent plus leur vie. Ils ne peuvent plus
acheter de stock ou de matières premières, et ferment les uns après les autres.
Les vitrines sont poussiéreuses, les rideaux de fer baissés. Les étalages sont vides, car les
clients se sont rués sur le pain ou l’huile de cuisson à moindre coût pour les revendre à des tarifs beaucoup plus élevés. Avec 85 % de chômage parmi la population, le marché noir est le seul
moyen de survie. Seul un petit nombre de magasins ont l’autorisation de vendre leurs produits en devises étrangères et, dans ce cas, les prix explosent.
Dans les supermarchés, on trouve des bouteilles d’eau à 3 dollars américains, six fois le salaire mensuel moyen. On déambule dans les allées, on regarde, mais personne n’achète. Qu’importe, les
caissières n’ont même pas de monnaie à rendre. Les bouteilles restent indéfiniment dans les rayons, dans une ville où il n’y a presque plus d’eau courante.
Lorsque les négociations pour un partage du pouvoir ont débuté en juillet, le directeur de la Banque fédérale, Gideon Gono, a supprimé dix zéros à la monnaie locale. Les trillions de dollars,
puis les quadrillons, avaient disparu du marché et on a imprimé de nouveaux billets d’un dollar zimbabwéen. On espérait alors un accord de paix rapide et un rebondissement de l’économie.
« C’est mettre du rouge à lèvre à un crapaud », avait prévenu à l’époque le journal d’opposition Zimbabwe Today. Car tant que le pays n’aura pas de production, pas d’investissements
étrangers pour remplir les caisses de l’État, les billets continueront à être des morceaux de papier sans valeur. Que l’on jette après deux semaines d’utilisation, dès que d’autres, avec plus de
zéros, ont été introduits sur le marché.
Si le président ne veut pas céder le ministère des finances au parti de l’opposition, c’est que
les proches du pouvoir, ceux qui connaissent les combines et les taux, tirent profit de cette situation économique hallucinante.
« Ils ne font qu’imprimer des billets jour et nuit, explique Lovemore Kadenge, président de la Société économique du Zimbabwe, un centre de recherche financière indépendant. Ils impriment de la
monnaie sans valeur, en très grande quantité, pour pouvoir la changer en dollars américains. Ils font de l’argent avec du papier ! C’est une tragédie pour la population ! »
Car les salaires, eux, ne suivent évidemment pas. Ils ne couvrent même plus les frais de transport pour se rendre au travail. Tout ce que peut s’acheter un professeur à la fin du mois est une
cigarette vendue sur le trottoir. Pas même un morceau de pain.
Ceux qui gagnent davantage n’ont pas le droit de retirer plus de 50 000 dollars zimbabwéens par
jour à la banque. Une autre mesure mise en place par le gouvernement pour tenter de freiner les prix. En vain. Les files d’attente s’étirent devant les distributeurs de billets. Il faut faire la
queue pendant des heures, quatre jours de suite, pour espérer se payer un vrai repas.
La seule solution pour mettre fin à cette spirale infernale est sans aucun doute politique. Le Zimbabwe doit changer d’image pour attirer les investisseurs étrangers. La démocratie doit être
rétablie pour que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international accordent des prêts qui permettront de rénover les infrastructures en ruine.
Le parti présidentiel s’est dit prêt à céder le ministère des finances, à condition de garder le contrôle de la police et de l’armée. Hors de question pour l’opposition, qui est bien consciente
que restaurer l’économie ne sera possible que si l’on établit un État de droit, sans violence et sans pression policière.
Pourtant, Morgan Tsvangirai, censé devenir premier ministre, n’a aucune expérience politique et économique pour relever le pays d’une telle crise. Mais au Zimbabwe, on se contente de ce qu’il y
a. L’économiste Lovemore Kadenge est formel : « Nous avons besoin de changement. Et quel qu’il soit, ça ne pourra jamais être pire que ce que l’on vit maintenant. »
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est le Président du Mouvement Républicain et Citoyen